Numéro 2 d’Hérésie

Hérésie continue de présenter les idées individualistes anarchistes, avec des textes issus d’horizons et d’époques différentes, dans le but de montrer que ces idées dépassent les frontières géographiques et temporelles.

Sommaire :

Introduction
Les Loups, F. Neirol
Fleurs de solitude, E. Armand
Une interprétation de l’individualisme anarchiste, Costa Iscar
Individualisme et collectivisme, Laurance Labadie
En cours de route, chronique de toujours, A. Bailly
Liberté et solitude, Marilise Fiorina
Je n’ai pas de classe, Apio Ludd
Pourquoi je ne suis pas communiste, Apio Ludd
Mon anarchisme, Rosa Blat

À une époque où les textes nihilistes ou trop individualistes sont bannis de certains étals anarchistes, où aux quatre coins du monde les rejetons de Marx essaient de se faire passer pour des anarchistes pour recruter des disciples ou de la chaire à canon, où des autoritaires crient à l’autoritarisme pour se débarrasser de leurs concurrents, où on nous enjoint continuellement de choisir un camp dans des débats biaisés qui n’ont que pour but d’édifier de nouvelles normes, Hérésie est une bouteille à la mer qui s’adresse à celles/ceux qui refusent les petites boîtes, les identités, la pensée binaire, et les réflexions pré-machées. Cela s’adresse à ceux/celles qui sentent ne faire partie d’aucun milieu, d’aucun mouvement, aucun groupe, qui ne représentent aucun courant et se positionnent volontairement dans la marge, hors de l’échiquier de la Politique, qui annihile la sincérité dans les idées et actions, nourrit les guerres de pouvoir, et nous détruit parfois bien plus que ne le ferait le pouvoir des États. Le but est de susciter des réflexions, des débats, des échanges, hors de tout cadre idéologique, sectaire, boutiquier, Politique ; mais aussi d’assumer les désaccords, les contradictions dans lesquelles nous baignons toutes et tous, et pourquoi pas de réapprendre à lire avec un papier dans les mains, sans la lumière bleue de ces écrans qui rendent incapable de se concentrer sérieusement sur plus de 300 caractères.

Comme pour le numéro précédent, Hérésie n’est pas disponible sur la toile virtuelle, il suffit donc d’envoyer un mail à diomedea(arobase)riseup(point)net pour la recevoir sur papier dans sa boîte aux lettres.

Mon anarchisme

Ce texte a été écrit suite à la publication d’un texte « Contre l’anarchisme, un apport au débat sur les identités« . Ce n’est pas un dialogue avec des marchands d’idées qui se permettent sournoisement, et assez facilement, de cracher sur un courant très divers qu’ils sont incapables de comprendre. C’est par contre une « réponse à une réponse » qui a été faite à ce texte, et qui m’a semblé tout aussi navrante que le texte lui-même.

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Version cahier

Hérésie : nouvelle revue individualiste

Introduction
L’individu, Manuel Devaldès
Ce qu’est l’individu, Han Ryner
L’anarchisme individualiste dans la Révolution Sociale, Mario Ferrento
(Renzo Novatore)
Controverse individualiste, Enzo Martucci
Individualisme anarchiste, Louis Simon
Qu’est-ce qu’un individu, Apio Ludd
Substantif singulier, Stikla
Je veux des amis, pas une communauté, Apio Ludd

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Sirventès de printemps

« Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.»

Je suis une sociophobe, inadaptée, enragée, têtue,  angoissée. Je suis une sorcière torturée par des sens imprévisibles. Je  suis perdue dans ce monde d’autorité. Je suis dans la marge, celle qui  ne mérite pas la confiance des autres, celle dont la parole n’a aucune  valeur, qu’on accuse de mentir, parce qu’elle n’a décidément pas de  crédit face aux déclarations des dominants et manipulateurs. Je suis celle dans le dos de  qui on parle, et devant qui on feint un sourire. Celle sur qui on se  fait un plaisir de crier et d’humilier pour se sentir fort. Je suis la  proie sur laquelle s’acharne un prédateur, mais par une projection  magique et surréaliste, je deviens la prédatrice dans la bouche de celui  qui n’arrive pas à me détruire. Je suis alors désignée comme la sorcière qu’il faut brûler sur le bûcher, pour ces  spectateurs moralistes et voyeurs (mais acteurs quand même) qui  applaudissent en me voyant la tête plongée dans la boue, trop contents  de ne pas être à ma place. Je suis celle qu’on piétine, qu’on méprise,  qu’on humilie, qu’on regarde souffrir sans sourciller. Je suis celle qui  chaque matin se demande pourquoi vivre un jour de plus, celle qui à  chaque nouvelle agression essaie de faire l’impossible pour trouver une  bonne raison de tenir le coup, de ne pas baisser les bras, de ne pas  laisser gagner les prédateurs qui se sentent en danger par ma simple  existence de petite chose brisée, cassée par eux, mais qui garde encore  un tout petit souffle de vie suffisant pour leur faire un bras  d’honneur. Je suis celle qui voit le monde tourner, sans comprendre  comment faire pour pouvoir rentrer dans la ronde, mais qui au fond n’en a pas vraiment envie. Continue reading « Sirventès de printemps »