Présentation

Comme la meilleure façon de se présenter est souvent de donner la parole à ses critiques, voilà une citation dont je ne suis pas peu fière, pêchée récemment dans le cloaque d’internet :

Diomedea est un personnage bien vilain et bien insignifiant qui produit des textes indigents.

Un admirateur communiste m’avait même envoyé un portrait de moi-même l’an dernier :

La plupart du temps tu es seule, tu ne ressembles à rien et quand tu écris ce n’est que pour réciter des mauvaises leçons mal apprises.

Dans les veillées au coin du feu (de camp, dont je ne fais pas partie, je n’ai pas de camp) on raconte que je serais bien plus terrible que la fameuse Camecrusa, monstre légendaire originaire de la campagne gasconne, qui en gros est étymologiquement l’équivalent du Bigfoot, mais dans les détails c’est pas tout à fait exactement ça (avec les poils en moins, enfin quoi que, mais je ne suis pas là pour parler de la pilosité de ces monstres). Issue d’une lignée d’empoisonneuses qui ont fait la réputation des collines où j’ai vu le jour, je tire les cartes (de tarot) tous les matins en me levant, en rendant hommage à Leda Rafanelli (bien que je sois une iconoclaste qui n’idolâtre personne), juste avant de faire rôtir un nouveau né, ou un chaton, selon l’humeur du moment, pour le petit-déjeuner (je préfère manger les enfants des communistes, j’aime bien leur aigreur, avec du sirop d’érable c’est succulent; ça doit être pour ça que les cocos ne m’aiment pas). Polyglotte qui finalement se retrouve parfois à ne savoir parler aucune langue correctement, une chose est certaine, c’est que je n’ai pas ma langue dans la poche, et les malheureux que je harcèle depuis des années pourront vous le dire, je suis une redoutable prédatrice qui ne lâche pas sa proie (certains m’appeleraient même la lamproie, mais c’est peut-être encore une légende). Le reste de mon temps qui n’est pas consacré à mes activités de suppôt de Satan, où à harceler des pauvres âmes sans défense, je le passe à vagabonder, et à échanger des ragots avec mon club de tricot, autour d’une tasse de tisane d’aconit, de ciguë ou de datura que je fais pousser dans mon jardin, en bonne herboriste que je suis. Certains bien pensants disent de moi que je suis une sadique, mythomane, hystérique, folle, … je passe sur les détails de ces fades synonymes qui ne traduisent que trop brièvement l’étendu de ma personnalité complexe. Tout comme ces orques enfermées qui seraient folles parce qu’elles tuent leurs dresseurs, je veux bien accepter l’étiquette de folle si cela veut simplement dire refuser toute autorité sur moi et répondre agressivement à toute tentative de me domestiquer. J’accepte aussi l’étiquette d’hérétique, si cela veut dire que j’ai fait de ma pensée et de ma volonté propre la mesure de toute chose. J’accepte l’étiquette d’anarchiste si cela veut dire que je suis ennemie de tout pouvoir. J’accepte l’étiquette d’individualiste si cela veut dire que je suis incapable de m’épanouir dans un groupe, et que je me méfie des Nous, des On, et du danger que les meutes représentent pour une louve solitaire comme moi. J’accepte l’étiquette d’égoïste si cela veut dire que je n’agis toujours que pour moi-même. J’accepte l’étiquette de nihiliste si cela veut dire embrasser l’hybris, l’orgueil de l’individu qui refuse toute limite. Et j’accepte l’étiquette de pessimiste, si cela veut dire que, même si je le désire, je ne pense pas qu’un jour vous et moi serons libres de cette société qui nous enferme et nous détruit chaque jour un peu plus.  Ceci étant dit, comme Renzo Novatore, je pense que « tous les mots en « isme » de ce monde sont des outils vieux et rouillés dont je n’ai plus besoin et auxquels je ne prête plus attention. Mon principe c’est la vie, ma fin c’est la mort. » Alors finalement je préfère encore qu’on me désigne comme un albatros, une Furie, ou un esprit frappeur (mais j’ai choisi le premier comme nom et symbole de mes publications : diomedea, le latin pour albatros).

En ce qui concerne le but de ce blog, c’est tout simplement de partager certaines des traductions que je fais; activité que j’ai commencé depuis de nombreuses années maintenant, ici ou ailleurs, et qui me semble importante si ce n’est cruciale pour la diffusion des idées.

PS : je ne publie aucun des textes de ce blog sur des réseaux sociaux ou les Indymedia. Si d’autres le font, ou collent des liens, ça n’est pas de ma responsabilité, et je n’ai rien à voir avec ce qu’illes pourraient écrire pour commenter ces textes.