Ne cesse jamais de chercher

Me lever. Faire mon lit. Prendre une douche. Ranger ma chambre.
Faire face au capitalisme.
Détester le capitalisme.
Pression. Angoisse.
Des moments d’apaisement.
Une route à sens unique faite de haut et de bas, cheminant dans un labyrinthe de béton au long duquel sont accrochés des fils barbelés.
Escalader pour admirer quelque chose d’autre sur cette route peut faire saigner.
On tombe et on doit continuer de marcher ensanglanté, sous pression, et angoissé.
Faire juste assez de pause ici et là pour pouvoir faire un pas après l’autre.
Le désir de grimper jaillit à cause d’un espoir obsédant et d’une curiosité sadique. Continue reading « Ne cesse jamais de chercher »

Mon anarchisme

Ce texte a été écrit suite à la publication d’un texte « Contre l’anarchisme, un apport au débat sur les identités« . Ce n’est pas un dialogue avec des marchands d’idées qui se permettent sournoisement, et assez facilement, de cracher sur un courant très divers qu’ils sont incapables de comprendre. C’est par contre une « réponse à une réponse » qui a été faite à ce texte, et qui m’a semblé tout aussi navrante que le texte lui-même.

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L’individualisme anarchiste dans la Révolution Sociale

I

L’individualisme anarchiste tel que nous l’entendons – et je dis nous parce que pensent ainsi une poignée de camarades non négligeable – est ennemi de toute école et de tout parti, de toute morale religieuse ou dogmatique, de même que de toute sottise plus ou moins académique. Toute forme de discipline, de règle et de pédanterie, répugne à la noblesse sincère de notre moi, inquiet, vagabond et rebelle !

L’individualisme est, pour nous, la force créatrice, la jeunesse immortelle, la beauté sublimatrice, la guerre rédemptrice et féconde. C’est la merveilleuse apothéose de la chaire et l’épopée tragique de l’esprit. Notre logique est de n’en avoir aucune. Notre idéal est la négation catégorique de tous les autres idéaux pour le triomphe maximum et suprême de la véritable vie réelle, instinctive, échevelée et joyeuse. Pour nous, la perfection n’est pas un songe, un idéal, une énigme, un mystère, un sphinx, mais une réalité gaillarde et puissante, lumineuse et palpitante. Tous les hommes sont parfaits en eux-mêmes. Seulement, il leur manque le courage héroïque de leur perfection. Du jour où l’homme a cru que la vie était un devoir, un apostolat, une mission, il a eu honte de sa propre puissance d’être vrai et, poursuivant des fantômes, il s’est renié lui- même et s’est éloigné du vrai. Lorsque le Christ a dit aux hommes : « Soyez vous-mêmes, la perfection est en vous !  », il a lancé une superbe parole qui est la synthèse suprême de la vie. Continue reading « L’individualisme anarchiste dans la Révolution Sociale »

Hérésie : nouvelle revue individualiste

Introduction
L’individu, Manuel Devaldès
Ce qu’est l’individu, Han Ryner
L’anarchisme individualiste dans la Révolution Sociale, Mario Ferrento
(Renzo Novatore)
Controverse individualiste, Enzo Martucci
Individualisme anarchiste, Louis Simon
Qu’est-ce qu’un individu, Apio Ludd
Substantif singulier, Stikla
Je veux des amis, pas une communauté, Apio Ludd

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 Éco-extrémisme et attaque indiscriminée – l’Église d’ITS Mexique 

Note de Diomedea : Cela faisait bien longtemps que j’attendais une critique publique valable au sujet d’ITS. Je me souviens il y a quelques années de ma surprise lorsque je suis tombée sur une table de presse anarchiste qui contenait un livre avec les traductions en anglais des communiqués d’ITS. Traduisant moi-même depuis l’espagnol, j’espérais que personne n’ait la mauvaise idée de traduire en français ces communiqués réactionnaires. Il me semble qu’il n’ y a qu’un seul journal qui a commis cet impair, permettant ainsi de faire circuler ces idées rances et de faire de la pub à ceux dont les derniers exploits -assassinats de cibles lambdas- étaient prévisibles depuis plusieurs années déjà au vu de ce qu’ITS écrivait à travers leurs longs et ennuyeux communiqués. J’ai aussi tenu à traduire ce texte car il permet, je pense, d’enclencher un débat nécessaire sur l’attaque indiscriminée, et je rejoins tout à fait l’auteur sur le fait de dire que c’est l’arme des autoritaires et réactionnaires de tout poil.
Par contre en effet je peux regretter dans ce texte la facilité de psychiatriser des gens qui ont des actes et des idées aussi absurdes … je n’ai rien contre les « fous » (mais qui ne l’est pas ?), ce que je ne tolère pas ce sont ceux qui se vengent sur les autres pour leur mal-être, de quelque façon que ce soit, qui ont l’impression que ça leur donne un pouvoir qui apaise leurs frustrations, et la méchanceté lâche et l’autoritarisme ne sont pas des maladies, ce sont des choix que font des individus.

Et les actions de Severino Di Giovanni n’étaient pas violentes pour le plaisir de l’être. Elle n’étaient jamais indiscriminées et jamais il n’y a eu d’attaques dans le but de créer une tension qui favoriserait le pouvoir et sa politique de consolidation. Elles étaient toujours guidées par une réflexion révolutionnaire précise : attaquer les centres de pouvoir par des actions punitives qui trouvent leur justification dans la violence de l’État, et qui sont destinées à pousser la masse vers un objectif révolutionnaire. Di Giovanni a toujours pris en compte la situation de la masse, même si on l’accusait souvent de ne pas l’avoir fait ».

JW & AMB
Anarchism and Violence, Severino Di Giovanni in Argentina by Osvaldo Bayer
Elephant Editions

Je ne représente aucune organisation ou groupe, j’écris cela depuis une perspective personnelle, en tant que nihiliste-anarchiste d’une tendance insurrectionnelle anti-civilisation. J’ai mené des actions directes en défense de la Terre, ainsi l’État doit sans doute me considérer comme une « Éco-Extrémiste », même si je ne suis pas concernée par ce terme puisqu’il est devenu une idéologie sectaire de l’Église. Jusqu’à présent je n’avais rien écrit au sujet de l’Église d’ITS Mexique ou des idiots pseudo-nihilistes en Italie parce qu’au fil des dernières années ils sont clairement devenus réactionnaires et plus proches des groupuscules « noirs » d’extrême droite. Continue reading  » Éco-extrémisme et attaque indiscriminée – l’Église d’ITS Mexique « 

Qu’est-ce qu’un individu ?

Qu’est-ce qu’un individu ? Une imbrication, un ensemble changeant d’émotions, d’actions, d’interactions, de relations … D’où viennent ces fils tressés ? Dans le monde d’aujourd’hui, surtout du contexte social duquel je suis né, où j’ai grandi et été éduqué, et où je continue de jouer mes rôles et fonctions.

Ces activités à travers lesquelles moi et d’autres personnes survivent – travaillant, achetant, vendant- sont produits de ce contexte. Ils occupent la plupart de mon temps dans des activités et des interactions qui ne sont pas à moi. Considérons la quantité de temps gaspillée à attendre en faisant la queue, la quantité de temps dépensée dans des gestes pénibles, les échanges verbaux banals et sans fin avec des étrangers dont on se moque éperdument.

Ces activités et interactions affectent inévitablement mes émotions, pour la plupart en les réduisant à une médiocrité pathétique. Mais ensuite je considère comment la plupart des gens utilisent leur soi-disant temps libre (le temps qui n’est pas consacré à une obligation sociale et à la survie, ce qui revient au même dans cette société), en se divertissant (aller au cinéma, regarder la télé, écouter de la musique, particulièrement de la musique pop). Chaque forme de divertissement joue avec les émotions. Continue reading « Qu’est-ce qu’un individu ? »

Je n’ai pas de classe !

Vous n’avez qu’à demander à mes amis, ils vous le diront … J’ai arrêté la fac après quelques semestres, et c’était la fin de ces classes pour moi.

J’évoque ici les classes de la fac parce que même les marxistes et les syndicalistes ne sont pas assez stupides pour croire que les classes de la fac sont des choses en soi ou des êtres collectifs quelconques qui agissent pour eux-mêmes. L’idéologue le plus confus comprend que les classes de la fac sont des activités, des relations établies entre des individus qui jouent les rôles de professeurs et d’élèves. Lorsqu’il n’y a personne dans une salle de classe à jouer ce rôle, il n’y a pas de classe. Et comme cela fait des années que je n’ai pas été dans une salle de classe, je n’ai certainement pas de classe.

Mais des amis marxistes (si j’en avais) n’aimeraient pas cela. Ils me diraient que, bien sûr, j’ai une classe – d’après eux je suis un lump [1]. Cela me semble un peu insultant, c’est pour cette raison que je n’ai pas d’amis marxistes. Continue reading « Je n’ai pas de classe ! »

Sirventès de printemps

« Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.»

Je suis une sociophobe, inadaptée, enragée, têtue,  angoissée. Je suis une sorcière torturée par des sens imprévisibles. Je  suis perdue dans ce monde d’autorité. Je suis dans la marge, celle qui  ne mérite pas la confiance des autres, celle dont la parole n’a aucune  valeur, qu’on accuse de mentir, parce qu’elle n’a décidément pas de  crédit face aux déclarations des dominants et manipulateurs. Je suis celle dans le dos de  qui on parle, et devant qui on feint un sourire. Celle sur qui on se  fait un plaisir de crier et d’humilier pour se sentir fort. Je suis la  proie sur laquelle s’acharne un prédateur, mais par une projection  magique et surréaliste, je deviens la prédatrice dans la bouche de celui  qui n’arrive pas à me détruire. Je suis alors désignée comme la sorcière qu’il faut brûler sur le bûcher, pour ces  spectateurs moralistes et voyeurs (mais acteurs quand même) qui  applaudissent en me voyant la tête plongée dans la boue, trop contents  de ne pas être à ma place. Je suis celle qu’on piétine, qu’on méprise,  qu’on humilie, qu’on regarde souffrir sans sourciller. Je suis celle qui  chaque matin se demande pourquoi vivre un jour de plus, celle qui à  chaque nouvelle agression essaie de faire l’impossible pour trouver une  bonne raison de tenir le coup, de ne pas baisser les bras, de ne pas  laisser gagner les prédateurs qui se sentent en danger par ma simple  existence de petite chose brisée, cassée par eux, mais qui garde encore  un tout petit souffle de vie suffisant pour leur faire un bras  d’honneur. Je suis celle qui voit le monde tourner, sans comprendre  comment faire pour pouvoir rentrer dans la ronde, mais qui au fond n’en a pas vraiment envie. Continue reading « Sirventès de printemps »